Après ma journée passée à Hiarizumi, j'arrive à Morioka (盛岡), préfecture d'Iwate (岩手), où je serai hébergé par Hiroshige, étudiant en cinquième année de médecine et originaire de Saitama (banlieue de Tokyo).

C'est mon premier couch surfing avec un Japonais, avec prise de contact uniquement en japonais (même si Hiroshige parle un peu anglais). Sur le chemin entre la gare et chez lui, il me présente rapidement la ville. Le soir tombé, on mange dans un izakaya, assez classe, avec un grand choix de saké, dont la carte présente un diagramme informatif pour chacun (sec ou doux, acidité). On déguste le saké avec un sashimi de poisson et quelques Tsukemono (légumes macérés).

Kakunodate

Le lendemain, je visite Kakunodate (角館) à une heure à l'ouest de Morioka, ville connue pour son quartier des samouraï (encore plus mis en valeur lors du sakura). J'ai du prendre un shinkansen à l'aller pour m'y rendre, car peu de trains locaux circulent sur cette ligne (détail qui a son importance quand on n'a pas de pass).

Certaines maisons se visitent gratuitement ; mais la plus importante est Aoyagike, véritable musée très bien présenté. On peut y voir vêtements et équipements de samouraï, le tout venant des collections de la famille ayant habité les lieux. On peut également voir des illustrations de Kaitai Shinsho, première traduction d'un livre hollandais sur l'anatomie humaine, publié au Japon en 1774. A cette occassion, l'auteur Odano Naotake apprit des techniques de dessin comme la perspective et les ombres, techniques inconnues au Japon à cette époque. Bref, ce musée vaut largement le coup d'y passer du temps et de s'attarder sur les explication en anglais.

Puis après avoir avalé un plat de gyüdon (tranches de bœuf sur du riz), je fais une visite à Ando Jozo (安藤醸造), fabricant de sauce soja et de pâte miso. On peut visiter la salle de réception et goûter la production. Pour ma part, je repars avec une bouteille de sauce soja non fermentée :)

Sabre japonais dans Aoyagike

Lance à incendie portable

Lac Tazawako

En revenant vers Morioka, je fais une escale rapide afin d'aller voir Tazawako, lac qui a pour particularité d'être le plus profond du Japon (423 mètres). Le reste des photos est visible ici.

Soirée à Morioka

De retour à Morioka, je retrouve Hiroshige. Pour le menu de ce soir, ce sera jajamen (じゃじゃめん), la spécialité locale. C'est un plat de nouilles épaisses, accompagné de concombres, oignons verts, le tout recouvert de pâte miso et d'un œuf cru. Très bon ! Puis direction le café ふかくさ (fukakusa) au bord de Nakatsugawa, l'une des rivières traversant Morioka. Le café de petite taille est joliment décoré, ses fenêtres donnent sur le bord de la rivière et un piano droit trône dans un angle. Il est tenu par un couple japonais ayant la cinquantaine et par un chien heureux de voir les habitués. Dans un mélange d'anglais et de japonais, j'échange avec les locaux. On en vient à parler des films français et d'Audrey Tauton, dont un Japonais est fan. On en vient ainsi à Amélie Poulain et j'en profite pour leur jouer quelques morceaux de la BO au piano.

Jajamen

Café Fukakusa

De retour chez Hiroshige, on échange sur le milieu médical et sur ses études. Son père est médecin généraliste et exerce à Saitama, et son frère fait également des études de médecine (il vise une spécialité en cardiologie). Au Japon, cette situation est courante dans les familles de médecin. Tous ses livres sont en Japonais, et quasi-exclusivement en Kanji ; ce qui signifie que peu de mots étrangers sont utilisés dans la profession (par exemple, les mots latin ne sont pas utilisés). On discute de la répartition des médecins sur le territoire, de la féminisation du métier, des emploi du temps. Je ferai un article à ce sujet après avoir revu Hiroshige à Tokyo durant ses vacances du mois d'août.

Un peu de tourisme dans Morioka

Avant de partir pour ma prochaine destination, Hiroshige me laisse utiliser son vélo (son hôpital est à deux pas de son logement). J'en profite pour visiter la ville avec ses temples et sanctuaires. Pour l'anecdote, au temple des 500 Bouddhas, il n'y a pas de personnel à l'entrée, mais juste un réceptacle avec du change afin que les visiteurs payent l'entrée par eux-mêmes ; encore une belle preuve de la confiance accordée au Japon.

Sanctuaire

Temple des 500 Bouddhas

Rocher du démon au sanctuaire Mitsuishi

L'histoire du rocher est assez originale. Il y a longtemps, la région d'Iwate, qui peut se traduire par main rocher, était harcelée par un démon nommé Rasetsu. Les habitants prièrent le dieu du sanctaire Mitsuishi, qui banit le démon et lui fit promettre de ne jamais revenir. Comme promesse, le démon plaça sa main sur le rocher et y laissa son empreinte. Afin de célébrer cet événement, chaque année du 1er au 4 août, une grande danse, appelée Sansa, a lieu dans les rues de Morioka et autour du rocher.

Le reste des photos de Morioka est visible ici.



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