Vu que mon voyage dans le Tohoku et l'Hokkaido s'est retrouvé à cheval sur les mois d'avril et de juin, je fais le bilan de ces 2 mois en un seul article (non ce n'est pas une astuce de feignant !).

Tokyo et Helpx (Episode 1)

Alors que j'étais encore à Osaka, j'ai été contacté sur helpx (plate-forme d'échange de travail contre hébergement) par une personne vivant vers Asakusa. Le boulot proposé a le mérite d'être original. En effet, il consiste à transposer des partitions en notation contemporaine vers la notation pour Shamisen (guitare japonaise à 3 cordes). Ayant fait du solfège pendant mon enfance, c'est l'occasion de m'y remettre.

Je prends donc un bus de nuit depuis Osaka et arrive à Tokyo début avril. Je loge dans le quartier de Okachimachi, dans un secteur résidentiel composé plutôt de petits bâtiments. Mon hôte est en fait Fiona Graham, une geisha d'origine australienne. Sur place, je rencontre Tom un autre helper. Les premiers jours se résument à aller acheter un livre de chansons traditionnels japonaises et je commence à faire quelques traductions. De son côté, Tom s'occupe de l'intendance entre faire les lits, le ménage et les lessives. En effet, Fiona loue quelques chambres sur AirBnB et la taille de la chambre où Tom et moi logeons a une taille assez variable. Tous les soirs, Fiona répète à la flûte japonaise (shinobue). Ce qui a tendance à énerver le voisin, un vieux japonais, pendant quelques minutes. Mais étant souvent absent de la maison en soirée, c'est peu un soucis pour moi.

Après une semaine, il est temps pour moi d'entamer mon voyage vers le Tohoku. Vu que je reviendrai à Tokyo pour juillet-août (essentiellement afin de pratiquer l'Aikido) et que Fiona a besoin de quelqu'un pour faire le ménage et les lits durant ces 2 mois, rendez-vous est donc pris fin juin. De plus, sa deuxième maison est proche du dojo où je compte pratiquer et je pourrai y rester de temps en temps. Bref le plan semble parfait.

Sanja Matsuri

Juste avant de partir, je suis allé voir Sanja Matsuri (Festival des 3 sanctuaires) qui a lieu à Asakusa, au temple Senso-ji. Il est considéré comme l'un des plus important de Tokyo et dure 3 jours. Dans les rues, des stands sont installés où des musiciens jouent au tambour et à la flûte. Comme à tout festival qui se respecte, de nombreux stands de nourriture proposent takoyaki, okonomiyaki, brochettes, manju ou tout simplement des boissons. Mais la partie la plus intéressante est lorsque les habitants portent les autels sur leurs épaules en le faisant sauter en rythme. Les porteurs font preuve de beaucoup d'entrain et se relaient régulièrement. Des personnes s'assurent que l'autel reste bien sur les épaules des porteurs à chaque impulsion. J'ai ressenti beaucoup d'énergie, un côté très populaire où tout le monde participe. Vu le monde présent et les allées pas toujours très larges, les porteurs passent proche des spectateurs et ça se bouscule régulièrement. Bref, un festival très vivant !

Musiciens

Porteurs de l'autel

Après le passage sous Hozomon

Les autres photos du festival sont visibles ici.

Voyage de Tokyo à Wakkanai

Après cet événement, je suis parti de la gare d'Asukusa pour Nikko, première étape de mon voyage à travers le Tohoku (plutôt en suivant la côte est) et la partie ouest de l'Hokkaido.

Ce voyage a été beaucoup moins planifié que mon précédent à travers l'ouest du Japon. Vu que j'étais hors saison touristique, j'ai choisi de me laisser plus porter par les rencontres et les hébergements chez l'habitant. Il faut dire que le Tohoku est beaucoup moins chargé en lieux touristiques que l'ouest du pays. Et les possibilités d'hébergement sont également plus rares. J'ai également cherché à rester plus longtemps au même endroit, afin de faire plus connaissance et de me laisser plus de temps pour visiter un lieu. Bien m'en a pris car les distances ont souvent été plus grandes que prévues (surtout dans l'Hokkaido !).

Tokyo et Helpx (Episode 2)

Je rentre sur Tokyo mi-juin et je retrouve la maison de Fiona. Tom ayant quitté la maison, je rencontre à la place Miguel, jamaïcain vivant en Australie. Il est là depuis une semaine et songe déjà à partir car il ne supporte plus Fiona, et surtout le manque d'organisation de sa part. Et il ne me suffit que d'un jour pour me rendre compte qu'en effet c'est le bazar. Vu que Fiona n'a pas d'autres helper actuellement et qu'elle travaille en journée, les tâches commencent à s'accumuler. Alors que je ne devais m'occuper que de l'intendance et de temps en temps des partitions, chaque jour le travail est différent. Pas de planning, pas de jour de repos clairement définis à l'avance, un réveil tôt afin de voir ce qu'il faut faire. Bref, on se rapproche beaucoup plus de l'assistant personnel... Et avec le départ de Miguel, cela manque d'échanges en journée. Je passe donc mes soirées hors de la maison afin de rencontrer des amis sur Tokyo.

Quelques jours plus tard, j'apprends, par Fiona même, que son propriétaire n'a pas renouvelé son bail à cause de problèmes de voisinage et de la sous-location. Mais bon ce n'est pas un soucis selon elle car "Il faut au moins 6 mois pour expulser quelqu'un d'un logement ici". Mouais, je ne suis pas très convaincu par cet argument... Je commence donc à faire quelques recherches sur airBnB au Japon, et même si cela semble encore une zone grise, je n'ai pas envie de participer à une activité illégale. Par la même occasion, je tombe sur des blogs de voyageurs mettant en garde contre Fiona Graham. Et on rajoute cette condamnation en 2010. Cela commence à faire beaucoup.

Bref, je décide de contacter des guesthouse afin de trouver un lieu plus réglo. Et j'ai une réponse positive de Yadoya Guesthouse, basé à Nakano, juste à l'ouest de Shinjuku.

Banquet

Asakusa de nuit

Cette expérience avec Fiona Graham aura été assez mitigé. D'un côté, j'ai pu m'intéresser pendant quelques semaines au shamisen et aux flûtes shinobue, avoir un aperçu de la vie d'une occidentale cherchant à s'intégrer à la société et à la culture japonaise et pouvoir assister gratuitement à un banquet avec geisha. De l'autre, le travail était trop désorganisé et sans aucun planning, et surtout ne correspondait pas (par 2 fois) au recrutement initial. Certaines tâches sont plus longues à expliquer qu'à exécuter et s'apparentent plus à de la fainéantise de la part de Fiona que d'une réelle nécessité de quelqu'un pour les faire. Bref je préfère payer mon loyer et avoir ainsi plus de choix pour mon travail.

Guest-house à Nakano

Fin juin, je déménage donc pour Nakano, à 2 stations de train de Shinjuku et à 45 minutes à pied du dojo où je pratiquerai l'Aikido. Le logement (je suis à Ginrei Branch), pour les résidents au mois, est en fait une ancienne maison individuelle japonaise dans un quartier résidentiel très calme. Je loge dans un dortoir de 5 où on n'est que 4. Je suis le seul à payer mon loyer, vu que les autres travaillent gratuitement pour la guest house. D'autres personnes logent dans des chambres individuelles ou pour 2. Ce qui porte le nombre de résidents à une dizaine de personnes. Le nettoyage laisse à désirer (surtout dans la cuisine) et les rangements sont insuffisants. Globalement, à l'image du quartier, la maison est calme.

Certains résidents japonais sont presque des fantômes, juste passant en cuisine récupérer des produits dans le frigo. Les étrangers sont plus présents et échangent plus. Comme il n'y a pas de salon, cela réduit la zone de vie commune à la cuisine (déjà pas bien grande) et les échanges possibles entre résidents. On fait de temps en temps des sorties karaoké ou izakaya afin de compenser ce manque.

Soirée Karaoké

Soirée Izakaya

Sinon la localisation est bonne. Côté ouest, la ville de Nakano avec ses nombreux commerces pour geek (Nakano broadway) et restaurants/izakaya en grande quantité. Côté est, la gare de Higashi-Nakano avec de nombreux commerces pour y faire ses courses. Ayant un vélo, il m'est très rapide de rejoindre ces deux secteurs.

Ensuite ?

Mon séjour à Tokyo a pour principal but de pratiquer l'Aikido. Je commencerai donc dès le 1er juillet à l'Aikikai Hombu Dojo, dans le quartier de Shinjuku. N'ayant pas apporté mon keiko-gi (vêtement utilisé pour pratiquer les arts martiaux) au Japon, j'en ai acheté un nouveau chez Sakuraya avec mon nom brodé en katakana sur la manche . Celà fait un an que je n'ai pas pratiqué. Vivement la reprise !

Côté travail, ayant déjà travaillé à Osaka chez LeafCup, ils ont transféré mon dossier aux agences de Tokyo à Iidabashi et à Shibuya. Et j'ai déjà quelques créneaux pour début juillet. A côté, j'ai postulé comme serveur pour le restaurant français La Maison de Bourgogne ; entretien début juillet.

Enfin je prévois l'ascension du Mont Fuji pour la première quinzaine de juillet. Avec tout ça, je ne devrais pas avoir le temps de m'ennuyer ^^



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